19 mars 2014

De l'empowerment dans la naissance.

Je suis enceinte de bientôt sept mois.
Enceinte et un peu obsédée préoccupée par la naissance à venir et tout ce qui m'attend ensuite.
J'ai hésité à publier cet article (parce que bon, si tu es un-e éduc en formation et que tu arrives directement ici, tu risques de croire que tu t'es trompé-e de chemin mais non j'te jure, reste un peu, tu vas voir c'est sympa ici, un vrai blog d'une éducatrice spécialisée).
Finalement, je le publie, donc. Laisse-toi aller, tu vas voir, y'a un rapport avec le schmilblick.


Le rôle du second parent pendant la naissance.
Notre époque est celle de l’égalité, la parité et tous ces jolis termes qui cachent souvent des idéologies ou concepts un peu flous, empêchant toute prise en compte des singularités et amenant par moment des décisions politiques très douteuses. C’est le cas aussi pour le processus de la maternité – d’ailleurs, devrions-nous d’ors et déjà parler de parentalité pour ne pas nous attirer les foudres d'une certaine génération de féministes (moi j'aime bien le parentage et tout hein, molo les meufs).

27 février 2014

Ô les émotions !

La vie, c'est le mouvement. Une image est immobile. Pour ressembler à une image, l'enfant a dû tuer le mouvement en lui.
Isabelle Filliozat
Au coeur des émotions de l'enfant


Ce blog s'est officiellement ouvert à la question de la parentalité positive depuis l'article Parent, ce métier impossible (oui, oui, le numéro 2 est en préparation) alors voilà, moi j'suis comme ça, je vais parfois aborder ici des questions qui concernent principalement les parents ; il me semble toutefois que les outils évoqués peuvent intéresser aussi des éducateurs ou intervenants auprès d'enfants ou de jeunes adolescents. A voir...



Alors aujourd'hui, je te parle des émotions. Ô les émotions.

13 janvier 2014

Dénoncez l'anormal.

Un dimanche à 6h50, un matin pas vraiment comme un autre, je prends le métro. Évidemment, tout est silence. Évidemment, tout est sommeil. S’éveille la ville phocéenne et sa gouaille pour l’instant chuchotante.

« Votre attention s’il vous plait, soyez vigilant, veuillez signaler tout événement qui vous paraîtrait suspect. Your attention please… ».

25 novembre 2013

Entre les cases

L'autre jour, un jour après pleins d'autres jours pourris des fesses, j'ai ouvert ma boîte aux lettres et j'ai trouvé un courrier de la CAF. D'un premier coup d'oeil, j'y ai vu que j'avais rendez-vous chez moi avec eux. Au début, j'ai cru que c'était en lien avec mon récent arrêt maladie ; c'est vrai que j'avais pas trop respecté les horaires, que j'avais amené ma fille à la crèche par manque de solutions alternatives mais bon, j'avais pas vraiment le choix même si j'aurais préféré respecter les horaires de la CAF toussa.
Mais en fait non, ils s'en foutaient de ça. Et toute façon, on s'en fout, c'est la sécu qui s'occupe des arrêts maladie, t'as rien compris ma pauvre fille.
Ce qu'ils voulaient, c'était contrôler la légitimité de mes prestations sociales. Enfin, c'est ce que j'ai compris quoi. Ca tombait bien, c'était lundi prochain, ça allait être pratique pour aller travailler tiens. Surtout que bon "Cette visite revêt un caractère obligatoire. L'obstacle à contrôle peut entraîner la suspension de vos droits". Alors bon faut pas faire la maligne avec ça, jeune fille.
Et puis en dessus de cette phrase écrite en caractères gras et en lettres capitales, GENRE COMME CA TU VOIS (en général, quand on écrit en capitales sur Internet, ça signifie qu'on crie. Ca bouscule quand même), une liste de documents longue comme mon bras...

Droits : Ufunk

30 octobre 2013

Manifeste pour un humanisme engagé

"Peut-être s'agit-il d'une illusion d'optique mais qu'est-ce, au fond, qu'une illusion d'optique ? On voit ce que l'on voit et, en un sens, tout est illusion, n'est-ce pas ? Le ciel n'est pas vraiment bleu et le soleil ne se lève ni ne se couche..."
Nancy Huston, Une adoration

Affiche de rue, La Plaine, Marseille

Travailleuse sociale, travailleur social, aspirantE à l'être ou en voie de le devenir, j'ai envie de te parler.

Je voudrais te parler des anormaux et des anormales. De tous ceux et de toutes celles dont nous parlons chaque jour, dont les médias se saisissent pour attiser nos émotions et que les réseaux sociaux ne cessent de placer de manière arbitraire dans des cases de plus en plus restrictives.

15 octobre 2013

Parent, ce métier impossible 1/2



Dans cet article, je prends le parti d'utiliser indifféremment le masculin ou le féminin.
Sache aussi que toutes les photos de l'article (hors schéma et ouvrages) sont les miennes. Tu n'as donc pas le droit de les utiliser sans autorisation.


Quand j'étais une étudiante désinvolte et utopique, j'avais un dipipi à rendre. Entends par là un Dossier de Pratiques Professionnelles. Tout étudiantE désinvolte et utopique (et même les autres) saura de quoi il s'agit. Pour les autres, laisse-moi rapidement t'expliquer : c'est en réalité une épreuve de certification du Diplôme d'Etat d'Educateur Spécialisé qui consiste à décrire et analyser des pratiques professionnelles observées et mises en oeuvre au regard d'éclairages conceptuels (ouais, tout ça dis-donc). Cette épreuve se caractérise par un dossier d'une quinzaine de pages souvent élaboré tout au long de la formation.
Ainsi, moi aussi, j'ai du réaliser un DPP (même que j'en parle dans mon livre). J'ai travaillé autour de la notion de cadre, si chère aux éducateurs-trices en formation, n'est-ce pas. J'ai utilisé trois situations :
1. La relation fusionnelle que j'ai pu vivre avec Naïa, une enfant accueillie en Institut Médico-Educatif (IME).
2. L'exclusion d'Ilyès, un adolescent (dé)placé en Foyer d'Action Educative (FAE), suite à un certain nombre de transgressions et d'actes de violence.
3. La rencontre avec Oscar, un homme accompagné dans le cadre d'une équipe de rue, sur un temps qu'on pourrait qualifier hors-cadre.

A l'aide d'éclairages conceptuels, j'ai essayé de démontrer les idées suivantes (sache, lecteur, que tout mon article s'appuie intégralement sur ces deux principes) :
Le cadre, avant d'être enfermant, est un espace d'émancipation et de création
L'autorité, en tant que condition de mise en place du cadre et tirant son origine étymologique du verbe "autoriser", est avant tout un espace d'autorisations et de possibles

29 septembre 2013

Fou divers

- Je vais bientôt devoir partir tu sais...
- Ah bon ? Tu dois partir où ?
- Je ne sais pas trop, c'est la caravane qui choisit.
- La caravane ?
- Oui la caravane. C'est comme une famille, je ne peux pas les lâcher. Où ils vont, je vais. Avant ils étaient à Paris, maintenant à Marseille... Et bientôt nous partirons encore.

Il stoppe le mouvement de son pinceau et me regarde. Il a l'air d'avoir peur et en même temps, ne semble pouvoir déroger à la règle absolue de la caravane. Il fait obscur ici, il fait froid ici, nous avons les doigts gelés mais nous peignons des choses et d'autres en chuchotant la tête baissée.
Je suis en dernière année de formation d'éduc, j'ai oublié tout ce que j'avais appris à l'école et je reste là à m'étonner, en chuchotant dans l'obscurité.
Lui, il me fait un cadeau immense en me racontant l'histoire de sa caravane.

- Je ne sais pas où nous allons aller maintenant...

Métro Chartreux, Marseille